Surtout ‘’La nuit du Décret’’, roman étudié dans un dossier à part






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títuloSurtout ‘’La nuit du Décret’’, roman étudié dans un dossier à part
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Tanguy”

(1957)
Roman
Après avoir, en épigraphe, promis avec Danton de dire «la vérité, l'âpre vérité...», Del Castillo décrit les malheurs subis par Tanguy, un réfugié espagnol âgé de neuf ans. Anéanti par la séparation de ses parents, il échappa de justesse à la mort au cours de la guerre civile, fut déporté en Allemagne, dut affronter seul la faim et l’horreur des camps de concentration, se retrouva livré à lui-même dans le clair-obscur de l'Occupation, dans une Europe déchirée par la guerre, devenue folle, découvrant aussi cependant la solidarité et de déchirantes amitiés. Dans cette histoire vécue de la férocité des hommes, c'est parce qu'il traversa toutes ces horreurs de la guerre et du monde des adultes avec un coeur d'enfant sans haine et sans amertume qu'il surmonta son désespoir et fut sauvé.
Commentaire
Cette oeuvre était évidemment autobiographique, même si Michel del Castillo se refusait et se refuse encore à l’admetre : « Quelle vie aurais-je bien pu écrire, quand j’ignorais ce que j’avais vécu? » écrit-il dans ‘’L’adieu au siècle’’ en 2000. C’est un drame poignant, l'auteur nous faisant découvrir les conditions de vie difficiles de cet enfant qu’il fut, qui fit face à la solitude, à la peur, à l'angoisse, à la détresse. Il exprime avec beaucoup d'émotion les souffrances physique et morale et le désespoir du personnage. Tout au long de ce livre règne une atmosphère de malaise, due au danger de mort qui le menace sans cesse. On ne peut rester insensible à la souffrance vécue par ce petit garçon qui doit subir, seul, une expérience tellement douloureuse.

Cette sorte d’épopée lyrique, bourrée de tendresse, frémissante, marquée d’un sentiment du péché très castillan, a été encensée par François Mauriac. Et, à peine paru, le livre remporta un succès mondial.

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Tout ce bruit éprouva nerveusement le jeune romancier, qui était mal remis encore de son passé et était incapable de supporter le tumulte d’une frivolité pour lui incompréhensible. Suivant les conseils de François Mauriac, il s’éloigna de Paris, voyagea en Italie, séjourna à Capri dans la maison de Colette de Jouvenel, la fille de l’écrivaine Colette.

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‘’La guitare’’

(1958)
Roman
En Galice, où règnent la pauvreté, la religion et la superstition, le narrateur, un nain monstrueux, un gnome qui accumule toutes les disgrâces, prit vite conscience de sa différence et découvrit le poids du regard humain et le sentiment de solitude lié a l'exclusion. Même s’il est un fils de riche, il resta à l'écart, claustré. Il perdit sa mère quand il avait deux ans, son père quand il en avait dix-huit. Il devint ainsi le « maître », mais son infirmité lui enlevait toute possibilité d'être obéi et respecté. Il fut bafoué dès ses premiers affrontements avec l'extérieur, étant défiguré par une balafre rouge au visage, subissant la malédiction publique et même la lapidation. Il devint méchant, contraignit les métayers à restituer leurs maisons pour s'acquitter de leurs dettes, les priva de travail, soumit à ses désirs les femmes, découvrant la fascination qu'il pouvait exercer et la double réaction d'attrait et de répulsion. Il entra dans la peau du monstre, devint celui qu'on croyait qu'il était : un vampire, et alimenta sa légende.

Mais l’insatisfaction et la lassitude le gagnent du fait du décalage entre son être profond et son masque social. Une nouvelle lapidation déclenche la fuite : il réalise un fantasme de jeunesse : aller voir la mer. Au cours de ce séjour, il rencontre le gitan Jaïro qui l’initie à la guitare, la « gaita » qui n'est pas un simple instrument de musique mais « un être vivant » qui sait parler, consoler, réprimander, pleurer, qu’il appelle Linda, et grâce auquel il retrouve une raison d'espérer : « J'étais sûr que la guitare m'aiderait à convaincre les autres. » Le départ de Jaïro laisse « un vide » qu'il lui est « impossible de combler ». Mais le travail maintient l'espoir car s’approche « la Fête des Eaux » qu’il voit comme un combat où il veut remporter la victoire, où il pourrait charmer les villageois, « atteindre le cœur de ses frères ». Il rencontre Gaixa, une sorcière douée de pouvoirs occultes, qui a accepté l'exclusion, qui vit en recluse, qui lui déconseille totalement d'essayer de pactiser avec les villageois. Mais elle meurt. La solitude se fait alors plus pesante et la méchanceté redouble, devient pure cruauté, donne l'envie de tuer. Il est à nouveau le monstre mais sous une forme plus perverse.

Il commence alors à écrire son histoire, ce qui lui procure une euphorie, lui fait oublier sa laideur, fait disparaître le sentiment de solitude.

L'instant tant attendu, celui du défi et de la victoire, vécu maintes fois par l'imagination, est, dans la réalité, totalement différemment. Un sentiment d'inutilité le gagne. Se résigner lui paraît alors une solution. Il comprend «qu'on n'échappe jamais à son destin».

La destruction de Linda, seule hypothèse non envisagée, parce qu’insoutenable, ne lui laisse plus d'espoir de vie. Redevenu le monstre, il attend la mort au devant de laquelle il marche avec l'espoir de mourir plus défiguré qu'il ne l'est. Il est lapidé et tué.
Commentaire
Le roman, qui prend souvent une tonalité fantastique, dont l’univers est manichéen, pourrait être vu comme un conte, le personnage suivant un parcours symbolique : la marche vers la mer, la marche vers les autres, un chemin de croix. Car il est dur, pessimiste et profondément triste. Tout est placé sous le signe de la « morrina », terme qui connote la tristesse, la déprime et la mort. Celle-ci ouvre et ferme le récit, le ponctue : mort de la mère, du père, de Gaixa, de Linda mais aussi morts symboliques de l'espoir, de la générosité, de la communication humaine.

Ce livre, écrit sans fioriture, avec une économie de moyen très efficace, est dominé par la couleur noire qui est partout présente, soit réelle, soit suggérée. Ce noir donne au récit l'air d'un cauchemar. L'humeur sombre du narrateur se répercute sur les êtres et les choses et ne fait ressusciter de sa mémoire que les moments les plus noirs. Le noir ne s'estompe que dans les deux périodes d'éclaircie psychique : la période avec Jaïro et la période de préparation de la Fête des Eaux. Le texte est imprégné aussi d’animisme : la mer, le ciel, la guitare sont des êtres vivants.

On trouve de très belles descriptions des paysages de la Galice, un pays de brume, de brouillard, de pluie, d'affrontement entre la terre, l'océan et le ciel, à la côte particulièrement déchiquetée. Elle est présentée avec un réalisme documentaire marqué, et le livre est aussi un document historico-social sur cette région dans les années trente : société encore moyenâgeuse à bien des égards, avec ses traditions, son folklore, qui accorde une large place au surnaturel, qu'il soit chrétien ou païen, où sont encore vivants les superstitions, les rites, la magie noire, qui coexistent avec le catholicisme. Les villageois restent dans l'obscurantisme : Gaixa est accusée de vampirisme ; le nain passe pour le diable. Il écrit que c'est un pays « surchargé de symboles ».

Dans ce qui est une totale confession («Je vais tout te dire»), le narrateur parle de lui sans faire la moindre concession, se nommant «le nain-qui-fait-peur», s'adresse directement au lecteur par le biais d'un journal intime, le prend à partie, I'agresse même : les injonctions directes au lecteur, qu’il a l'intention d'émouvoir, sont très fréquentes : «Maintenant écoute-moi bien, j'ai à te parler». Mais ce dialogue entre le narrateur et le lecteur est en fait un dialogue avec sa conscience. Le ton est violent, la tonalité tragique. Il ressent une douloureuse frustration. Il connaît une évolution psychologique intéressante à analyser à cause de la logique d'enchaînement et de la diversité des états. On lit cet axiome : «On ne peut expliquer l'homme que par l'enfant». Il est l'adolescent en conflit avec lui-même et avec le monde, conflit qu’on peut voir symbolisé par la Galice, lieu d'affrontement entre les forces positives du Bien et les forces négatives du Mal. Victime d’une tare héréditaire, génétique, et d’une tare acquise par la difficulté à se socialiser pour assouvir sa sexualité et sa sensualité, il est partagé entre le besoin d'intégrer le groupe social à cause de ses pulsions affectives et sexuelles et son envie de le fuir. Or Del Castillo le fait mourir à la fin de son adolescence, sensiblement à l’âge même où il écrivit ce livre, y exprimant donc le trouble qu'il venait de ressentir. L'accélération des changements est très marquée à partir des dix-huit ans et s'accroît encore à partir du voyage à la mer. La guitare représente la pureté, la limpidité à laquelle il aspire. Cette accélération est inversement proportionnelle au ralenti narratif.

L'auteur, en traitant les thèmes de la difficulté d'exister due aux disgrâces physiques, de l'innocence massacrée, nous interpelle et nous donne à réfléchir. Dans un avant-propos, il souligna l'importance de cette œuvre qui est «le livre du désespoir absolu». Il a choisi d'écrire «cette histoire parce qu'elle (le) hantait et qu'(il) la trouvait significative». Animé d’une intention didactique, il voulut «montrer qu'il existe des hommes qui sont les victimes du destin».

La gibbosité et le nanisme étant une métaphore de la différence, le nain monstrueux étant le représentant de tous ceux qui ne se sont pas gâtés par le destin et qui sentent sur eux le poids d'une injustice.. Mais, en faitrécit peut être considéré comme une parabole, une histoire ayant pour but d'illustrer que :

- l'habit ne fait pas le moine ;

- nous sommes condamnés à vivre sous le regard des autres (on retrouve idée de Sartre : «L'enfer, c'est les autres») et, de ce fait, condamnés à une conformité d'apparence («Je me mis à jouer le rôle qu'ils voulaient que je jouasse» ;

- celui qui est différent ne peut faire accepter ses similitudes internes : il est condamné à la solitude physique et psychologique ;

- chaque individu est en fait unique, donc différent, donc incompris ;

- la bêtise humaine tue l'innocence ;

- la laideur est un handicap à la vie sociale ;

- les superstitions sont dangereuses ;

- on ne peut aller à l'encontre d'une prédestination (on trouve cette épigraphe : «On ne veut jamais que son destin »), d’un déterminisme ;

- il n'y a pas de liberté : le suicide est la seule solution après une lutte vaine ;

- n’existe pas un Dieu d'amour et de justice.
Michel del Castillo, dans la postface qu’il ajouta, voit dans le nain l'Artiste, celui qui ressent et qui cherche à dire qu'il est le frère des autres, mais annonce un monde différent incompatible avec la médiocrité quotidienne. Il tenta de se détacher de cette œuvre impudique qu’il qualifia de « défaillance », qu’il prétendit hésiter à reconnaître, déclarant qu’elle appartenait à son passé, qu'il avait changé en profondeur, ce qui pourrait être la preuve qu'il a compris qu’elle en disait long sur lui, ou en tout cas disait quelque chose qu'il ne pensait plus mais qu'il avait pensé.

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‘’Le colleur d’affiches’’

(1959)
Roman de 247 pages
Commentaire
Sur fond de guerre civile espagnole, c’est un roman dont le sujet, selon l'auteur, est « la souffrance et l'aliénation de l'homme par l'homme ». Même s'il ne s'agit pas d'un roman politique, la question du communisme est très présente de même que le problème religieux.

François Mauriac en fit l’éloge : «Michel deI Castillo, à peine l'ai-je rencontré une ou deux fois ; et pourtant il m'est de tous le plus proche, depuis que j’ai lu ‘’Tanguy’’, son premier roman. Je n'ai plus cessé de penser à ce petit garçon déporté chez les nazis, puis, à peine réchappé du bagne, interné en Espagne dans un effroyable orphelinat. Or j'ai retrouvé Tanguy au secret de tous les personnages du ‘’Colleur d'affiches’’ : il est devenu chacun d'eux, ce Tanguy, surgi d'un abîme de souffrance où ce que subissait un enfant était à la mesure de l’infamie des adultes auxquels il avait été livré, et qui en a rapporté (quel miracle !) un cœur intact : ‘’Le colleur d'affiches’’ en fait foi. Je couronnerais ce ‘’Colleur d'affiches’’ si je distribuais des couronnes. À cause des "bons sentiments" dont il déborde? Non ! À cause de la réponse qu'y donne un enfant à la question posée par la férocité de la créature humaine, appelée à la sainteté et capable de Dieu. »

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‘’La mort de Tristan’’

(1959)
Roman

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‘’Le manège espagnol’’

(1960)
Roman
Dans une petite ville d'Aragon, tandis que le gouverneur cherche, pour affermir sa situation, quelque profitable complot communiste à exploiter, un abbé intrigant essaie de soulever le clergé campagnard contre le coadjuteur de l'évêque. Carlos Sanchez, le fils du cabaretier de la ville, jeune étudiant atteint de folie mystique et qui prétend avoir des apparitions, devient l'enjeu, l'appât et la victime de toutes ces intrigues, après avoir provoqué des polémiques dans les salons et sacristies madrilènes.
Commentaire
Une allègre fureur anime de bout en bout l'étonnante et cruelle mascarade à laquelle nous fait assister Michel del Castillo. Vaste comédie ecclésiastique et civile aux figures âprement cernées, ‘’Le manège espagnol’’ s'affirme comme une satire de la bourgeoisie issue de la guerre civile, mais aussi, grâce au personnage de Carlos Sanchez, comme une méditation douloureuse sur l'Espagne éternelle.

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‘’Tara’’

(1962)
Roman
Dans le domaine de « La Parra », dans la province espagnole de Cordoue, il y a deux Tara, la mère et la fille. La mère, après avoir patiemment formé sa fille au Mal, s'éloigne comme pour lui léguer une sorte de souveraineté. Dès lors, la seconde Tara ne connaît plus ni prudence ni frein. Elle prend au piège et épouse un pur, un chrétien, Juan, afin de pouvoir cruellement blesser une âme. Elle s'offre au passant que choisit son caprice. Quand éclate la révolution, elle n'hésite pas à commettre la plus abjecte des trahisons.
Commentaire
Ce curieux roman est ardent et cruel comme les paysages espagnols dans lesquels il se déploie, tantôt jardin de délices, tantôt terre desséchée, impitoyable. La sorcellerie et l’obsession y sont menées jusqu'à la possession diabolique. Ce n'est pas seulement l'étude d'un cas monstrueux, d’un double cas de possession : c'est l'évocation du seul problème métaphysique qui soit lourd de conséquences immédiates pour l'être humain, celui de la prédestination. Et ce problème s'incarne ici en des vies violentes, Michel del Castillo se montrant, dans cette incursion dans les tréfonds de l'âme humaine, aussi éloigné de tout romantisme approximatif que de tout réalisme minutieux.

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La période de 1960 à 1967 en fut, pour Michel del Castillo, une de formation où il tenta à la fois de maîtriser sa vie et d’approfondir son travail d’écrivain. Il procéda à des lectures ou relectures systématiques, notamment les romanciers russes, anglais et espagnols. Il ne cessa de voyager, au Mexique, à Cuba, aux États-Unis, dans les pays du Maghreb surtout, avec d’incessants retours en Espagne.

Comptant de nombreux amis algériens, il fut bouleversé par la guerre d’Algérie.

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