Comédie en trois actes et en prose de marivaux






descargar 496.47 Kb.
títuloComédie en trois actes et en prose de marivaux
página1/13
fecha de publicación06.06.2016
tamaño496.47 Kb.
tipoDocumentos
l.exam-10.com > Contabilidad > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   13




www.comptoirlitteraire.com
André Durand présente
‘’Le jeu de l’amour et du hasard’’

(1730)
comédie en trois actes et en prose de MARIVAUX

pour laquelle on trouve un résumé,

puis une analyse comprenant l’examen de :
- les sources (page 5)
- l’intérêt de l’action (page 6)
- l’intérêt littéraire (page 17)
- l’intérêt documentaire (page 19)
- l’intérêt psychologique (page 21)
- l’intérêt philosophique (page 27)
- la destinée de l’œuvre (page 30),
enfin des notes et des commentaires

de toutes les scènes (page 33 et suivantes).

Bonne lecture !

Résumé
Acte I
Scène 1 : Lisette, femme de chambre de Silvia, encourage sa maîtresse au mariage avec le jeune homme, Dorante, que son père, M. Orgon, a choisi. Mais Silvia lui remontre que la société offre bien des exemples de mariages malheureux, parce que les hommes dissimulent leurs véritables sentiments sous le masque de la mondanité.
Scène 2 : Pour décider de son destin en toute connaissance de cause, Silvia demande à son père de la laisser user d’un stratagème : elle échangera son habit et sa fonction avec ceux de Lisette, et se présentera ainsi à son prétendant pour l’examiner à loisir. M. Orgon, bon père qui ne veut pas forcer sa fille à un mariage qui lui répugnerait, accepte le stratagème.
Scène 3 : Mario, le frère de Silvia, lui annonce l’arrivée de son «amant».
Scène 4 : Silvia étant sortie, M. Orgon révèle à Mario la teneur d’une lettre du père de Dorante, où il lui révèle que ce dernier veut, pour connaître Silvia, user du même stratagème que la jeune fille : il se présentera «sous la figure de son valet, Arlequin, qui, de son côté, fera le personnage de son maître». M. Orgon et son fils, Mario, décident alors de laisser ses chances au «jeu de l’amour et du hasard», de laisser les deux jeunes gens dans l’ignorance du jeu de l’autre. Et Mario déclare : «ll faudra bien qu'ils se parlent souvent tous deux sous ce déguisement ; voyons si leur coeur ne les avertirait pas de ce qu'ils valent. Peut-être que Dorante prendra du goût pour ma soeur, toute soubrette qu'elle sera, et cela sera charmant pour elle
Scène 5 : Silvia reparaît, déguisée en femme de chambre, et affirme sa détermination de séduire Dorante sous ce costume.
Scène 6 : À cet instant, Dorante, qui porte la livrée, se présente sous le nom du valet Bourguignon. M. Orgon et Mario poussent alors habilement Silvia et Dorante l’un vers l’autre, les engageant à s’appeler par leur prénom, et à se tutoyer. Mario commence à «les agacer tous les deux» : Bourguignon doit tutoyer «Lisette», mais qu'il ne s'avise pas de lui faire la cour, car il prétend être lui-même amoureux d'elle, et même un amoureux malheureux. Dès l'abord, les deux jeunes gens sont charmés l'un par l'autre, et fort surpris de ce qu'ils éprouvent, ce que fait remarquer à Silvia, son frère, taquin.
Scène 7 : Dorante, surpris par le charme altier et la conversation pleine de finesse et de distinction de celle qu’il croit être une domestique, lui fait la cour, se montre même tendre. Silvia, elle-même troublée, l’écoute sans déplaisir, apprécie plus qu’elle ne le voudrait sa belle mine, sa délicatesse, son badinage galant, et doit se faire violence pour lui interdire de lui parler d'amour. Elle est, elle aussi, tombée amoureuse, mais n'ose se I'avouer car Bourguignon n'est qu'un domestique.
Scène 8 : Arrive Arlequin, godelureau mal dégrossi, qui contrefait grossièrement son maître, Dorante. Ses manières ridicules déplaisent immédiatemment à Silvia, et la plongent dans la stupeur. Sa surprise grandit par la comparaison entre Arlequin et Dorante. Elle ne peut s’empêcher de penser : «Que le sort est bizarre ! aucun de ces deux hommes n’est à sa place
Scène 9 : Dorante, resté seul avec Arlequin, réprimande son valet pour son manque de politesse.
Scène 10 : M. Orgon, arrivé sur ces entrefaites, n’en paraît point étonné, et accueille le faux Dorante comme si de rien n’était.


Acte II
Scène 1 : Lisette a si bien joué son rôle auprès du faux Dorante, Arlequin, qu’elle a enflammé son coeur. Elle vient honnêtement avertir M. Orgon qu’elle ne répond plus des sentiments de son soupirant ; au train où vont ses amours, c’est elle qui épousera le prétendant de Silvia. Elle est très surprise d’entendre M. Orgon déclarer qu’il ne s’oppose pas à cet amour, l'inciter à encourager les avances du prétendu Dorante («Renverse, ravage, brûle, enfin épouse ; je te le permets, si tu le peux !») et l’engager même à accuser le prétendu Bourguignon, devant Silvia, de mal servir son maître.
Scène 2 : Arlequin arrive, et M. Orgon le laisse s'entretenir en tête-à-tête avec Lisette.
Scène 3 : Pressé d’avancer ses affaires de cœur, Arlequin déclare, avec feu et drôlerie, son amour à Lisette.
Scène 4 : Ils sont cependant interrompus par Dorante qui veut donner l'ordre à son valet de paraître distant. Arlequin l’envoie au diable, profite même des pouvoirs que son déguisement lui confère pour se moquer un peu de Dorante, qui lui donne, sans que Lisette le voie, un coup de pied au derrière.
Scène 5 : Sur ce, Dorante sort, et Arlequin reprend tant bien que mal ses propos galants, et même, dans ses déclarations, laisse prudemment entendre qu'il n'est peut-être pas celui qu'il paraît être. Lisette n'est que trop heureuse de lui laisser entendre la même chose. Mais ils sont un peu retenus par le respect que leur inspire celui ou celle qu’ils croient être leur supérieur dans la société : ils se disent qu’ils s’aimeront quel que soit leur état dans le monde, et sont bien près de jeter le masque.
Scène 6 : Silvia interrompt le duo, voulant parler à Lisette, et se fait rabrouer par Arlequin.
Scène 7 : Seule avec Lisette, Silvia, comme Dorante l’a fait avec son valet, lui donne l'ordre de refroidir un peu son prétendant. Lisette lui révèle alors que cela lui est interdit par M. Orgon lui-même. Cette révélation désarme complètement Silvia. Son trouble augmente encore lorsque Lisette lui fait remarquer qu'elle ne semble pas indifférente au charme de Bourguignon. Elle est piquée dans son amour-propre quand Lisette critique Bourguignon, conformément au plan de M. Orgon.
Scène 8 : Silvia, dans un monologue, exprime son humiliation et son indignation ; en effet, elle n’a pu cacher son trouble devant sa femme de chambre.
Scène 9 : Son cœur est hésitant lorsque survient Dorante. Si elle tente de le décourager, elle l’écoute pourtant lui redire son amour, de façon pathétique.
Scène 10 : Mais leur entretien, au moment où il devient tendre, est interrompu par M. Orgon et Mario ; ceux-ci renvoient sèchement Dorante qu’ils accusent, devant Silvia, d’être un serviteur médisant et peu zélé. Et ils achèvent de la confondre en lui affirmant qu'elle finira bien par épouser Dorante
Scène 11 : Silvia prend sa défense, tout en essayant de ne pas livrer ses sentiments. Elle se met en colère lorsque Mario la taquine sur ce chapitre. Elle a le cœur serré de toutes les incertitudes de son amour. Restée seule, elle est en proie au trouble le plus grand.
Scène 12 : Dorante, son amour et sa noblesse naturelle l’y obligeant, avoue à Silvia son déguisement, et lui révèle : «C’est moi qui suis Dorante […] Je hais la maîtresse dont je devais être l'époux, et j'aime la suivante qui ne devait trouver en moi qu'un nouveau maître.» La jeune fille, enfin soulagée, et heureuse, murmure en aparté : «Ah ! je vois clair dans mon coeur». Mais elle ne révèle pas sa propre identité.
Scène 13 : Elle se propose de poursuivre le jeu à sa guise, de prolonger l’épreuve pour voir si Dorante saura franchir la barrière des conditions sociales, et ira jusqu’à lui offrir sa main quoiqu'il la prenne pour une soubrette.
Acte III
Scène 1 : Arlequin prétend, contre l’avis de son maître, épouser Lisette. Il se fait fort de lui demander sa main bien qu’il la croie une grande dame, et qu’il ne soit lui-même qu’un valet. Dorante l’y autorise finalement à condition qu’il révèle sa véritable identité.
Scène 2 : Mario se présente à Dorante comme son rival, et lui ordonne de cesser de faire sa cour à Silvia. Pourtant, en lui disant que son amour n’est pas vraiment payé de retour, il ne décourage pas totalement l’amour du jeune homme.
Scène 3 : L’amour-propre de Dorante est une nouvelle fois mis à rude épreuve lorsqu’il se voit, devant Silvia, renvoyé par Mario.
Scène 4 : M. Orgon, Silvia et Mario se concertent sur la conduite à tenir. Le frère et la sœur convainquent le père de la nécessité de prolonger le jeu : Silvia veut que Dorante lui offre sa main en la croyant toujours une femme de chambre. «Il doit m’épouser ; si vous saviez combien je lui tiendrai compte de ce qu’il fait aujourd’hui pour moi…» Elle entend ainsi «garantir» son mariage : «Vous avez fondé notre bonheur pour la vie, en me laissant faire…» dit-elle à son père.
Scène 5 : Lisette vient demander à ses maîtres la permission d’épouser le faux Dorante. M. Orgon y consent à condition qu’elle dise à Arlequin qui elle est.
Scène 6 : Lisette et Arlequin se rencontrent donc dans le même dessein : révéler qu’ils ne sont pas des serviteurs, tout en gardant le cœur de l’autre. Ils ne s’y résolvent qu’au terme d’un dialogue riche de demi-aveux et d’effets comiques, et s'arrangent, dans le rire, de leur déconvenue. Malgré leur déception, ils se jurent un amour éternel.
Scène 7 : Dorante survenant, Arlequin ne lui révèle pas le secret du déguisement des jeunes femmes : il peut ainsi continuer à se jouer de son maître qui s’étonne, pour sa part, du succès de son valet auprès de la fausse Silvia.
Scène 8 : Dorante, décontenancé, convaincu de l’impossibilité de son amour, annonce à Silvia, au cours d’un ultime tête-à-tête, son intention de partir, et s’éloigne même, au grand dam de la jeune fille. Mais il revient pour l’entendre lui dire qu’il ne doit pas craindre la rivalité de Mario. Ce demi-aveu emporte toutes les hésitations de Dorante : il fait passer au second plan son orgueil de caste, et demande enfin à Silvia de l’épouser malgré la différence de leurs conditions.
Scène 9 : C’est le triomphe de Silvia qui peut enfin, devant tous les personnages réunis, apprendre à Dorante qui elle est. Sûrs de s'aimer vraiment, les deux jeunes gens vont s'épouser, ainsi que Lisette et Arlequin, qui terminent la comédie sur une dernière plaisanterie, la supercherie étant prise avec bonne humeur par tout le monde.

Analyse
Les sources
Marivaux avait pu trouver dans un certain nombre de comédies de premières ébauches de sa pièce.

Le procédé du travestissement se rattachait à une longue tradition théâtrale qui remontait aux ‘’Grenouilles’’ d'Aristophane, et qui avait été illustrée en particulier par Shakespeare et par la «commedia dell’arte». Le thème de l’échange de rôles entre maîtres et serviteurs était assez fréquent dans le théâtre français depuis le XVIIe siècle :

Il avait inspiré à Scarron ‘’Jodelet maître et valet’’ et à Molière certaines scènes de ‘’Dom Juan’’.

Dans ‘’L’épreuve réciproque’’ d'Alain et Legrand (1711), avant de se marier, Valère et Philaminte travestissaient leur laquais et leur soubrette en financier et en comtesse, et les chargeaient d'aller séduire leurs promis. Le laquais et la soubrette ne réussissaient que trop bien...

Au théâtre de la Foire, en mars 1716, D'Orneval avait donné une grosse farce : ‘’Arlequin, gentilhomme malgré lui’’. Léandre, gentilhomme italien, promis à Isabelle, fille du Docteur, envoyait à sa place son valet, Arlequin. Le Docteur recevait celui-ci très aimablement, le présentait à sa fille, et lui proposait de se rafraîchir. Arlequin, qui avait «quelques coups de vin dans la tête», commettait toutes sortes d'épaisses balourdises : au lieu de la lettre du père de Léandre, il sortait de sa poche un morceau de fromage, puis tirait la lettre de son soulier et se mettait à cajoler Colombine, suivante d'Isabelle.

Dans ‘’Le galant coureur’’, de Marc-Antoine Legrand (1722), une jeune veuve, la comtesse, échangeait ses vêtements avec l'une de ses femmes de chambre, Finette, pour mieux observer son prétendant, le léger marquis de Floribel. Mais celui-ci arrivait, lui-même déguisé en «coureur» (valet chargé des courses), et s'empressait de faire la cour à la fausse Finette... Elle l'amenait assez vite à la demander en mariage...

‘’Le portrait’’, de Beauchamps (1727), commençait un peu de la même façon que ‘’Le jeu de l'amour et du hasard’’ : discutant du mariage avec sa femme de chambre, Colombine, Silvia se déclarait écoeurée par «la scélératesse des hommes», et Colombine répondait : «Allez, Madame, il n'y en a point de si diables dont on ne vienne à bout.» Pour évincer le prétendant choisi par son père, la jeune fille faisait passer Colombine pour elle, ce qui ne l'empêchait pas de s'éprendre peu à peu de l'intrus.

Le procédé du double travestissement et de l’interversion du couple maître / maîtresse et du couple valet / suivante venait de trouver une forme très semblable à celle qu'on trouve chez Marivaux dans une pièce récente, ‘’Les amants déguisés’’ (1728) de l'abbé Aunillon (1685-1760). Une comtesse chargeait sa suivante, Finette, de jouer son rôle pour dégoûter son prétendant par des «vivacités outrées». Assez bizarrement, ce prétendant, un marquis, avait la même idée : il demandait à son valet, Valentin, de se présenter sous son nom en prenant les manières d'un petit-maître ridicule. Naturellement, la comtesse et le marquis s'éprenaient l'un de I'autre dans leurs habits de domestiques, et, dans sa tirade finale, Finette résumait assez bien par avance I'esprit du ‘’Jeu de l'amour et du hasard’’ : «Ils ont eu tous deux la même crainte qu'un mariage fait par procureur ne convînt pas à leurs inclinations ; et à vous dire vrai, c'est un coup de hasard que vous ayez si bien rencontré. Tous ces mariages qu'on fait sans se connaître ne réussissent pas si bien que celui-ci. Mais ils ont eu au moins cette obligation à leur déguisement d'être assurés du coeur I'un de I'autre. Ce n'a été ni le rang ni I'intérêt qui a donné naissance à leur passion.»

On peut signaler aussi que, dans un des passages les plus amusants de la première livraison du roman de Lesage ‘’Histoire de Gil Blas de Santillane’’ (1715-1735), Gil et Laure se séduisaient sous de beaux habits empruntés, et, s'apercevant qu'ils n'étaient que des domestiques, prenaient le fou rire.
D’autre part, l’atmosphère de jeu mondain donnée par les déguisements et les stratagèmes qui marquent la pièce était déjà présente dans les tableaux de Watteau et de Fragonard, deux peintres contemporains de Marivaux. On retrouve en effet chez eux les couleurs de la fête, la sensualité, le goût du masque, le goût du théâtre (voir le tableau de Watteau : ‘’L'amour au théâtre italien’’) et la célébration de I'amour (voir le tableau de Watteau ‘’L'embarquement pour Cythère’’). Watteau créa le genre pictural des «fêtes galantes», variation sur les thèmes entrelacés du théâtre et des sentiments.
Marivaux était donc bien loin d'avoir inventé de toutes pièces son intrigue ; mais il lui restait à inventer I'essentiel, ce qui rend ‘’Le jeu de l'amour et du hasard’’ à la fois si comique et si poétique : la façon qu'il eut d'unir dans un malicieux parallélisme I'intrigue des maîtres et celle des serviteurs, et surtout la délicate progression de l'amour qui s'épanouit entre Silvia et Dorante.
Intérêt de l’action
‘’Le jeu de l’amour et du hasard’’ n’appartient ni à la comédie d’intrigue ni à la comédie de caractère, mais à un genre créé par Marivaux, la «comédie de sentiments» ou «comédie d’amour».

Si on a pu signaler les sources qu’elle put avoir, elle présente une grande originalité qui tient à toute une série de caractéristiques : les deux grandes influences auxquelles elle répondit, son titre, ses ressorts, le stratagème mis en œuvre, le rôle donné à M. Orgon et à Mario, ou aux apartés, ou au hasard, sa structure, les différentes situations, les transitions entre les scènes, l’alternance entre elles, le dénouement, les jeux de miroir, l’espace du jeu, les tons (le pathétique et le comique).
Les deux grandes influences

‘’
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   13

Añadir el documento a tu blog o sitio web

similar:

Comédie en trois actes et en prose de marivaux iconTragi-comédie en cinq actes et en vers
«stances», dans une lutte douloureuse avec lui-même, IL se plaint du dilemme dans lequel IL est placé">